• Nov 17, 2025

Le cycle féminin : un portail initiatique intérieur

  • Maison Anahita
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mudra d'ancrage symbole de l'utérus pour représenter la connection au corps et au cycle féminin

honorer notre temple intérieur au rythme de nos cycles

Nous portons en nous un rythme ancien, une danse subtile que la nature connaît depuis toujours. Comme la Terre traverse ses saisons, le corps féminin traverse ses propres cycles, mystérieux, riches et profondément vivants. Il ne s’agit pas seulement d’un processus biologique, mais d’une véritable médecine, un chemin d’initiation, un mouvement intérieur qui nous guide vers une connaissance plus profonde de nous-mêmes.

Cet article est une invitation à découvrir ou redécouvrir le cycle menstruel comme une boussole énergétique, un cercle sacré qui reflète les quatre directions, les quatre éléments et les passages de la roue médecine.

Aux origines : tentes rouges, femmes nomades et mémoire du sacré

Bien avant que notre monde moderne ne médicalise ou ne dévalorise le cycle menstruel, les peuples nomades et autochtones honoraient ce moment comme un passage sacré. Dans de nombreuses cultures, on trouvait les tentes rouges, tentes de lune ou Moon Lodges : des espaces où les femmes se retrouvaient pendant leurs lunes et les grands passages (première régles, naissance, ménopause) pour se reposer, rêver, recevoir des visions, transmettre entre elles, tisser le lien du féminin.

Ce n’était pas un isolement par rejet, c’était une mise à part pour préserver leur puissance. Les femmes en menstruation étaient considérées comme plus proches des mondes invisibles, plus réceptives aux rêves et aux intuitions et gardiennes de visions pour la communauté. Elles étaient vus comme des êtres spirituelle profondément connecter à la Source de la création.

De ces traditions sont nés les cercles de femmes contemporains : des espaces de parole, de soin, de sagesse partagée, où l’on se relie à des pratiques anciennes tout en les incarnant dans notre vie moderne.

Pourquoi suivre son cycle menstruel pour se relier au monde

Le cycle menstruel et le cycle lunaire durent tous deux environ 28 jours, un écho ancien qui relie le corps féminin au rythme du ciel. Dans cette correspondance, les peuples premiers voyaient un langage sacré : la lune qui renaît, croît, s’épanouit puis se retire, reflète nos propres mouvements intérieurs. Se relier à son cycle, c’est donc se relier à la nature elle-même, reconnaître que nos variations ne sont pas des incohérences mais l’expression d’un rythme vivant (cyclique, sensible et profondément féminin). Tout comme les saisons se succèdent et que les éléments se répondent, notre énergie traverse des phases qui trouvent naturellement leur place dans la roue médecine. En les observant, nous comprenons que nous ne sommes jamais séparées du vivant : nous en sommes le miroir, la respiration, la continuité.

🌸 Le printemps intérieur — La phase folliculaire

Le printemps intérieur correspond à la phase folliculaire, ce moment où l’énergie remonte après la menstruation comme la sève qui revient dans les arbres. C’est une période de légèreté, d’ouverture et d’inspiration naissante. En lien avec le premier croissant lunaire, il s’agit d’une phase de renouveau où le corps et l’esprit se réveillent doucement. L’archétype qui l’accompagne est celui de La Jeune Fille, la Muse, celle qui s’émerveille et qui redécouvre le monde avec curiosité. Ici, la vie intérieure reprend souffle : l’esprit devient plus clair, les idées commencent à circuler, un nouvel élan se met doucement en place. C’est un temps propice pour poser une intention, imaginer ce que l’on souhaite créer ou vivre durant le cycle à venir, et se remettre en mouvement avec douceur. Dans cette période, de simples rituels comme écrire au matin, ranger un espace, marcher dans la nature ou ouvrir symboliquement une nouvelle page (littérale ou intérieure) permettent de s’accorder à cette dynamique de renaissance.

🔥 L’été intérieur — L’ovulation

L’été intérieur correspond à la période de l’ovulation, où l’énergie atteint son apogée et s’ouvre comme une fleur en pleine lumière. Associée à la pleine lune, cette phase invite au rayonnement, à l’expression et à la générosité. L’archétype qui l’habite est celui de La Mère, la Femme solaire qui offre, qui crée, qui relie. Tout en nous tend vers l’extérieur : les mots viennent plus facilement, la créativité circule sans effort, la relation à l’autre se fait plus fluide. C’est une période de don naturel, où l’on peut se sentir profondément connectée au monde, à la vie et à sa propre puissance. Pour honorer ce moment de pleine expansion, on peut ritualiser la gratitude, partager un cacao, chanter, danser, créer quelque chose de beau ou simplement se permettre d’exprimer pleinement sa vitalité et sa joie. C’est un temps pour célébrer sa lumière, sans retenue.

🍂 L’automne intérieur — La phase lutéale

L’automne intérieur apparaît avec la phase lutéale, période souvent mal comprise mais pourtant essentielle. Comme les feuilles qui changent de couleur avant de tomber, notre énergie se tourne vers l’intérieur. En écho au dernier quartier de lune, ce moment nous invite à ralentir, trier, clarifier, discerner ce qui doit rester et ce qui doit partir. L’archétype qui règne ici est L’Enchanteresse, parfois appelée la Sorcière ou l’Alchimiste : celle qui voit à travers les illusions, celle qui transforme, celle qui dit la vérité. Nos émotions deviennent plus présentes, non pas comme des obstacles, mais comme des guides précieux qui nous montrent ce qui demande attention. Pour vivre cette saison intérieure avec harmonie, on peut pratiquer l’écriture introspective, alléger ses engagements, ranger et libérer ce qui n’a plus de place, ou encore offrir un rituel de transformation, comme brûler symboliquement ce que l’on souhaite laisser derrière soi. C’est un temps de lucidité sacrée, de retour à soi, et de profonde transmutation intérieure.

❄️ L’hiver intérieur — Les lunes

L’hiver intérieur correspond aux menstruations, ce moment de descente douce et profonde vers l’essentiel. Reliée à la nouvelle lune, cette phase est un espace de repos sacré, d’intégration et de vision intérieure. L’archétype qui l’accompagne est La Vieille Sage, la Chamane, la Grand-Mère intérieure qui murmure les vérités profondes. Lorsque le sang s’écoule, le corps se libère, l’esprit se dépose et l’âme parle plus clairement. C’est un temps où tout invite au silence, à la lenteur, à l’écoute fine de soi. Les pratiques qui soutiennent cette période sont simples et profondément nourrissantes : méditer, rêver, s’autoriser le repos, se retirer du bruit, créer un espace sacré, déposer une intention de fin de cycle, ou, pour celles qui le souhaitent, offrir symboliquement leur sang à la terre comme un acte de gratitude envers le vivant. Dans ce moment suspendu, nous entrons dans un portail de vérité intime, un espace où la sagesse du corps devient limpide et où un nouveau cycle se prépare silencieusement.

En Bref :

Se relier à son cycle, c’est revenir à une manière plus douce et plus vraie d’habiter son corps. C’est reconnaître que nous ne sommes pas faites pour avancer en ligne droite, mais pour respirer avec le vivant, inspirer et expirer, ouvrir et refermer, semer et récolter. Le cycle féminin nous enseigne la fluidité, l’écoute, le respect de nos besoins changeants. Il nous invite à ralentir quand l’hiver revient, à nous laisser traverser par la vérité de l’automne, à célébrer la puissance de l’été et à accueillir l’élan fragile et précieux du printemps intérieur.

Plus nous honorons ces passages, plus nous redevenons femmes-rythmes, femmes-saisons. Et lorsque nous commençons à vivre ce cycle en conscience, un appel naturel se fait entendre : celui de ritualiser ces transitions, de leur donner un espace, une forme, un souffle. Les rituels viennent alors comme des gestes simples mais puissants, capables de transformer nos perceptions, d’ancrer nos intentions et de redonner du sacré à nos quotidiens.

Avec Amour,

Debby 🪶

Dans le prochain article, nous explorerons justement pourquoi les rituels nous transforment, comment ils soutiennent notre cheminement intérieur, et en quoi ils deviennent des ponts entre le visible et l’invisible, entre ce que nous vivons et ce que nous choisissons de devenir.

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